Pourquoi certaines opérations de chirurgie esthétique sont partiellement prises en charge par la Sécurité sociale et d’autres non ?
- Dr Antoine Héron

- 18 déc. 2025
- 4 min de lecture
La question de la prise en charge des actes de chirurgie plastique et esthétique revient très souvent en consultation. De nombreuses patientes s’interrogent : pourquoi une réduction mammaire peut-elle être remboursée alors qu’une augmentation mammaire ne l’est pas ?
Les règles de la Sécurité sociale sont précises, mais parfois complexes à comprendre. L’objectif de cet article est de clarifier, en termes simples et accessibles, ce qui différencie la chirurgie reconstructrice de la chirurgie esthétique, et pourquoi certaines interventions sont remboursées tandis que d’autres restent entièrement à la charge du patient.

Quelle est la différence entre chirurgie esthétique et chirurgie reconstructrice ?
La distinction est essentielle, car l’intégralité des remboursements dépend de cette classification.
Chirurgie esthétique
Il s’agit d’actes destinés à améliorer l’apparence physique, sans pathologie ni dysfonctionnement associé.Exemples :
rhinoplastie purement esthétique,
liposuccion sans retentissement médical.
Ces actes n’ont pas pour but de traiter un trouble physique ou fonctionnel. Ils ne sont pas remboursés.
Chirurgie reconstructrice (ou réparatrice)
Ces interventions visent à corriger une malformation, une séquelle, une gêne fonctionnelle ou psychologique importante.
Exemples :
Dans ces cas, la chirurgie a un objectif thérapeutique, fonctionnel ou réparateur, ce qui ouvre droit à une prise en charge de la Sécurité sociale.
Quels critères permettent de dire qu’une opération est remboursable ?
La Sécurité sociale repose sur des critères objectifs, codifiés dans la Classification Commune des Actes Médicaux (CCAM).
Pour qu’un acte soit remboursable, il doit répondre à l’une des conditions suivantes :
1. Existence d’une malformation congénitale
Exemples :
asymétrie mammaire majeure,
2. Gêne fonctionnelle avérée
Exemples :
hypertrophie mammaire provoquant douleurs dorsales, irritations, gêne au sport,
hernie ombilicale associée à une éventration,
La gêne doit être mesurable, documentée et objectivable.
3. Séquelles d’un accident, d’une chirurgie, d’un cancer
Exemples :
reconstruction mammaire après mastectomie,
correction d’une cicatrice rétractile,
chirurgie réparatrice après brûlure.
4. Transformation anatomique majeure
Cas typiques :
excédent de peau après perte de poids massive,
tablier abdominal recouvrant le pubis (avec preuve photographique),
Quels actes de chirurgie esthétique peuvent être pris en charge ?
Certains actes généralement perçus comme « esthétiques » peuvent être remboursés s’ils remplissent des critères précis.
Prise en charge si :
plus de 300 grammes par sein sont retirés,
présence de dorsalgies, gène, irritations cutanées,
difficultés dans la vie quotidienne.
Prise en charge en cas de :
tablier abdominal recouvrant totalement le pubis,
hernie
séquelles post-bariatriques.
Un entretien préalable avec demande d’entente préalable est obligatoire pour valider le remboursement.
Prise en charge si le relâchement cutané retentit sur le champ visuel (prouvé par examen orthoptique).
Prise en charge chez l’enfant. Chez l’adulte, cela dépend de la Sécurité sociale et des mutuelles, mais la prise en charge devient rare.
Pourquoi certaines interventions restent non remboursées, même si elles sont sources de complexes ?
La Sécurité sociale ne prend en compte que les critères médicaux et fonctionnels, pas les critères psychologiques ou émotionnels.
Une femme gênée par un petit nez bossu mais respirant parfaitement, ou par des seins jugés trop petits, ne pourra pas bénéficier de prise en charge.
Il s’agit d’une logique de santé publique :le remboursement concerne les actes thérapeutiques, pas les actes de confort.
Même si la souffrance psychique est réelle, la Sécurité sociale ne reconnaît pas l’indication comme « médicale ».
Quelle est la procédure lorsque la chirurgie peut potentiellement être remboursée ?
1. La consultation
Le chirurgien évalue :
la pathologie,
la gêne,
les examens complémentaires nécessaires,
les critères éventuels d’une prise en charge.
2. La demande d’entente préalable
Pour certains actes comme :
Le dossier inclut :
photos,
compte rendu clinique,
justificatifs médicaux.
La caisse dispose ensuite de 15 jours pour répondre. Sans réponse, l’accord est acquis.
3. L’intervention
Si la prise en charge est acceptée, la Sécurité sociale rembourse :
l’acte opératoire,
une partie des frais d’anesthésie,
le séjour à la clinique selon les tarifs conventionnels.
Le chirurgien peut pratiquer des compléments d’honoraires, partiellement couverts par certaines mutuelles.
Quelle différence entre Sécurité sociale et mutuelle pour le remboursement ?
La Sécurité sociale rembourse uniquement les actes codifiés comme reconstructeurs. La mutuelle complète partiellement ou totalement le remboursement de la Sécurité sociale.
Concernant les actes purement esthétiques : ni la Sécurité sociale ni la mutuelle ne les prennent en charge.
Certaines mutuelles haut de gamme proposent un forfait « bien-être » ou « chirurgie esthétique », mais cela reste rare et plafonné.
Peut-on contourner les règles en parlant d’un motif médical alors que l’objectif est esthétique ?
La réponse est non. Le cadre légal est strict, et les médecins sont responsables de leurs déclarations. L’utilisation d’un code remboursable pour un acte esthétique expose à :
un refus de prise en charge,
un contrôle,
des sanctions pour le patient et le praticien.
La transparence est obligatoire, et seule l’indication réelle guide le remboursement.
Conclusion
Toutes les opérations de chirurgie plastique ne sont pas remboursées par la Sécurité sociale, car seules celles ayant un objectif thérapeutique, fonctionnel ou reconstructeur peuvent bénéficier d’une prise en charge. Les actes purement esthétiques restent à la charge des patients, même si la gêne psychologique est importante.
La distinction entre chirurgie reconstructrice et esthétique repose sur des critères objectifs clairement définis. Une consultation permet d’évaluer précisément la situation, d’analyser les motifs médicaux éventuels et de déterminer si une prise en charge est envisageable.
À Bordeaux, un avis spécialisé avec le Dr Antoine Héron vous permet d’obtenir une analyse complète, claire et personnalisée afin de comprendre vos droits, les démarches nécessaires et les solutions possibles, qu’elles soient reconstructrices ou esthétiques.




